Ontrust : un cabinet de freelances entre Nantes et Paris

Travailler en indépendant ? Une évolution actuelle du monde du travail en pleine mutation numérique. Rencontre avec Frédéric Berlie, directeur associé de Ontrust, un cabinet de freelances digitaux entre Nantes et Paris.

Quel est votre parcours ?

Mon parcours professionnel a toujours été orienté e-commerce et marketing digital. J’ai débuté ma carrière, il y a près de 20 ans, suite à des études en école de commerce. J’ai d’abord travaillé dans la grande distribution alimentaire, pour les groupes Cora puis Auchan, afin d’y développer les ventes en ligne. Ensuite, j’ai accompagné deux start-up dans leur lancement. J’ai poursuivi ma carrière chez Darty où je me suis occupé du marketing digital pendant 8 ans. Enfin, je suis arrivé à Nantes il y a 3 ans maintenant. D’abord au sein du groupe Eram en charge du digital pour la marque TBS, avant de lancer, il y a un an, le bureau nantais d’Ontrust, qui est un cabinet de Freelances digitaux.

Vous pouvez nous parler du fondateur d’Ontrust, Guillaume De Villèle ?

Guillaume de Villèle a créé Ontrust il y a 10 ans après une carrière au sein de grandes agences médias digitales (Carat, OMD, Nextedia). Il est parti du constat que les freelances étaient nombreux dans le digital, mais qu’ils avaient besoin d’être accompagnés sur un certain nombre de points : trouver des clients, suivi de leurs missions… Côté entreprises et agences, face à l’évolution rapide du web, elles avaient besoin d’être guidées par de véritables experts et non des experts auto-proclamés. La mission d’Ontrust est ainsi née : proposer à ses clients les meilleurs experts du digital.

Est-ce que vous avez des chiffres à nous donner. Par exemple, combien de freelances accompagnés ? Combien de clients sur Nantes et Paris?

Notre réseau compte presque un millier de freelances expérimentés à Paris et Nantes. Notre portefeuille clients couvre lui un grand nombre d’entreprises très variées ; à la fois des agences médias, agences digitales et des annonceurs traditionnels. Des TPE-PME comme des grands groupes. Nous collaborons par exemple avec des sociétés comme Clarins, Chanel, groupe M, Belambra ou encore une TPE dans le domaine du tapis d’éveil.

Comment est-ce que vous sélectionnez tous ces profils de freelances ? Aujourd’hui, la tendance est à la spécialisation : SEO ou SEA…On a des chefs de projets, des content manager, des Data scientists, des Traffic managers…

Nous connaissons et rencontrons tous les consultants. Ces profils nous sont souvent recommandés. Travaillant depuis longtemps dans le digital, notre réseau nous offre également la possibilité trouver les meilleurs profils.

Il existe des plateformes d’intermédiation en ligne. Notre différence est la proximité que nous avons avec nos consultants, nous les suivons et les connaissons bien et bien sûr notre propre expertise digitale qui permet de valider leurs compétences sur le sujet. Le premier contact se fait tout simplement autour d’un café, nous échangeons afin de bien cerner son expertise mais aussi afin de bien connaître et de bien appréhender sa personnalité. C’est important pour nous de valider ce double aspect, compétences techniques et personnalité. L’objectif étant qu’il y ait un bon matching entre le client et le freelance et que l’on soit sûr que tout se passera le mieux possible durant la mission

Quelles sont les problématiques auxquelles vos clients sont confrontés ? Qu’est-ce qu’ils cherchent exactement ? Des profils en freelancing ? Des salariés ?

Plusieurs problématiques existent. Une problématique assez classique autour d’un projet ponctuel sur une période de 6 mois-1an. L’entreprise ne veut pas « prendre le risque » d’embaucher quelqu’un et préfère s’adresser à un freelance. C’est une solution plus flexible. La mission s’arrête à la fin du projet.

Autre exemple, les entreprises nous contactent lorsqu’elles cherchent à embaucher quelqu’un en CDI, mais elles n’arrivent pas à trouver immédiatement. En attendant de trouver le bon profil, elles font appel à nous pour palier à un besoin immédiat, et pour ne pas prendre de retard sur le démarrage d’un projet par exemple. Enfin nous avons également des besoins pour des remplacements ponctuels (congés, arrêts…), des surcharges d’activité : j’ai un appel d’offre auquel je dois répondre rapidement, j’ai besoin de travailler sur un projet particulier pendant un temps donné… Notre freelance offre la certitude d’avoir un collaborateur expert et très rapidement opérationnel. Ils apportent également du « sang-neuf » et un savoir-faire qui n’est pas toujours présent dans l’entreprise. Le freelance est également quelqu’un d’indépendant qui aidera l’entreprise à progresser en apportant un regard extérieur.

Et du côté des indépendants ? Qu’est-ce qu’ils recherchent chez Ontrust ? Est-ce que c’est tout simplement des nouvelles missions ? Parce que quand on est à son compte, on n’a pas toujours le temps de prospecter. On n’a pas toujours le réseau qui va avec. On est souvent victime du syndrome du clocher…

Tout d’abord, il est important de préciser qu’il n’y a aucune exclusivité à travailler avec nous, le freelance reste indépendant, nous sommes un apporteur d’affaires pour eux. Ce qu’ils apprécient chez Ontrust, c’est que nous remplissons ce rôle de prospection. Pour certains, ce n’est pas évident. Nous allons chercher pour eux des missions. Et lorsqu’ils sont en mission, nous les suivons. Nous apportons également un certain confort administratif, facturation, etc… Nous gérons les contrats. Nous réglons le freelance à réception de facture et nous nous chargeons de facturer le client. Ce qui évite au freelance des délais de paiement parfois très long, 30 ou 60 jours.

Dans le milieu, on dit souvent que le travail des indépendants va continuer son essor. Dans certaines entreprises, il y a un responsable des freelances.

Cela reste quand même rare mais on voit effectivement apparaître des Chief freelance officer dans certaines entreprises. Par ailleurs dans notre secteur très pointu, il est difficile de trouver un CFO spécialisé dans nos métiers. En tout cas, il y a effectivement une tendance à l’indépendance. Il y a de plus en plus de freelances. On estime aujourd’hui qu’il y a 10% d’indépendants en France. Des personnes qui travaillent de manière totalement autonome. Aux États-Unis, c’est 25%.

Il y a une vraie volonté pour certains de se mettre à son compte, malgré quelques freins qui persistent en France, le logement notamment. Les propriétaires demandent certaines garanties que les freelances n’offrent pas toujours. Idem si on veut acheter un bien immobilier. Mais de plus en plus de personnes veulent se mettre à leur compte pour choisir leurs projets et sortir d’une certaine routine qui s’installe parfois en entreprise. Étant indépendant, on peut passer d’un projet à un autre, on peut les choisir. Ce sont des personnes qui travaillent beaucoup et souvent plus qu’en étant salarié, mais qui peuvent de temps en temps, s’offrir plus de flexibilité. Accompagner les enfants à l’école, prendre un rendez-vous personnel et du coup travailler le soir… Cela offre une certaine souplesse dans sa vie quotidienne.

Pour terminer, le cabinet Ontrust se développe entre Nantes et Paris. Est-ce que vous constatez des synergies digitales entre ces deux villes ?

Oui bien sûr. Nous avons d’ailleurs beaucoup de Parisiens qui cherchent à venir s’installer à Nantes. C’est pour nous un vivier potentiel car beaucoup ont travaillé dans le digital. A l’inverse, de temps en temps Paris peut manquer de ressources. Nous pouvons alors dépêcher un consultant nantais, sur une mission parisienne. Nous créons ainsi des passerelles entre les deux villes.

 

Informations

Ontrust, 36 rue du Plessis de la Musse 44100 Nantes

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