« On ne peut plus demander à un commercial d’être simplement un vendeur, de simplement décrocher son téléphone. »

NewDeal Store est une plateforme permettant d’acheter des leads – à savoir des contacts qualifiés de prospects.
Après un parcours de commercial dans l’informatique, Alban Dumont a co-fondé la start-up en 2017 avec Thomas Spanier CEO de Foxeet. Questions à une jeune pousse nantaise qui entend révolutionner les opportunités d’affaires.
 
D’où vous est venue l’idée de NewDeal ?

Avec mes associés, nous sommes partis d’un constat simple : nous faisions beaucoup de
démarchage et de rendez-vous, mais nous ne pouvions pas assumer la réalisation de tous les
projets. On se retrouvait donc avec des besoins clients non satisfaits, sur lesquels on n’était pas
en mesure de se positionner vue la charge de travail que nous avions déjà. Je pense qu’un certain
nombre de commerciaux ont ressenti une frustration similaire, se disant « malheureusement, je ne
peux pas y répondre parce que ce projet est trop conséquent, trop petit, trop…. ». Bref, les projets
pour lesquels la direction dit « no go ».
C’est ici que s’est opéré notre déclic pour NewDeal. Nous avons décidé de créer une plateforme
collaborative pour pouvoir partager les projets auxquels on ne peut pas répondre de son côté,
mais qui peuvent intéresser des confrères. Pour ceux-ci, c’est une opportunité d’affaires, pour les
clients, c’est autant de temps économisé à chercher un prestataire.

Comment se décline ce principe ?
Alban Dumont de la Start-up nantaise New Deal.

NewDeal dispose d’une application mobile et a une version web.

Quand on est commercial, on peut déposer un projet (un besoin client) en moins de 3 minutes, qui pourra être repris par un autre utilisateur de la plateforme.

En fournissant ces informations, on récupère du crédit pour aller prendre connaissance d’une opportunité rentrant dans son domaine d’activité.
La possibilité de recycler de l’information qualifiée n’existait pas avant. Il nous a fallu un peu de temps pour bien développer le concept et le mettre en œuvre.

Comment fonctionne la plateforme ?

Nous avons fait attention à ce qu’elle soit intuitive. Tout le monde peut s’inscrire simplement et
déposer un projet dans la foulée. Une fois qu’il est déposé, notre équipe le valide manuellement.
Nous contactons aussi le client pour avoir son accord, en vertu du RGPD. Dès lors que tout est
validé, nous le publions. Les utilisateurs ayant paramétré des mots-clés reçoivent une notification
pour être alerté de cette nouvelle opportunité. S’ils décident d’acheter le contact, ils auront accès à
toutes les informations du projet, et on prévient le client qu’il sera appelé. Pas de mauvaise
surprise comme cela ! De son côté, celui qui a partagé le besoin recevra une rétribution de l’ordre
de 10 à 15 %.

À quels types de professionnels s’adresse NewDeal ?

Aujourd’hui, nous sommes principalement axés sur les entreprises du numérique. Cela concerne
autant l’aspect matériel et logiciel que le marketing ou le SEO. De nombreux grossistes et
constructeurs passent par la plateforme – tels TeckData ou IBM. On travaille aussi avec beaucoup
de TPE et PME, et des consultants indépendants. Nous répondons scrupuleusement aux
obligations du RGPD, ce qui est rassurant pour nos clients.

Quelles ont été les principales étapes ?

Le projet de NewDeal est né en 2016. 7 mois après, nous avions fini d’écrire le cahier des charges
de l’outil, pour un lancement officiel en mars 2017. Dès le début, nous avons misé sur la qualité plutôt que sur la quantité, avec comme objectif de toujours améliorer la mise en relation. C’est
notre valeur ajoutée.
Et puis en 2018 arrive le RGPD, qui nous a poussé améliorer nos process pour être en conformité.
En même temps, cette adaptation nous a amené d’autres typologies de clients. Nous leur facilitons
les choses en leur permettant d’avoir des contacts réellement qualifiés, en répondant aux besoins
en prestataires des clients, le tout en étant au clair avec le RGPD.

Quelles difficultés avez-vous dû surmonter ?

On en a eu pas mal ! Nous n’étions pas des techniciens, des développeurs. Il a fallu rapidement
embaucher pour internaliser des compétences indispensables. Ce qui a suscité des
questionnements sur le management, les Ressources humaines… Le plus important est de faire partager notre vision
à l’équipe pour qu’elle soit aussi motivée que nous par l’activité. Les objectifs du travail quotidien
sont généralement à court-terme, il s’agit d’embarquer les collaborateurs dans le projet à long-
terme.

Justement, quels sont les objectifs aujourd’hui de New Deal Store ?

En 2019, nous voulons attendre les 200 000 € de chiffre d’affaires sur le territoire national. Nous
avons lancé une nouvelle marque en janvier : Foxeet, une plateforme pour trouver facilement des
prestataires informatiques. Cela nous permet d’identifier plus de besoins dans ce domaine.
Nous sommes aussi en train de nous enrichir d’une offre de formation sur la partie veille
économique et prospection, avec des modules dédiés à LinkedIn par exemple.

Et dans 10 ans ?

New Deal Store sera présent partout dans le monde ! Se développer à l’international serait l’idéal.
On dit souvent que le digital sans l’humain n’a pas de sens…
Pour moi, le digital est juste un mot-concept dans lequel tout le monde met beaucoup de choses.
Je pense avant tout aux projets de transformation numérique. Quel est le degré de maturité d’une
entreprise vis-à-vis de ces technologies, que ce soit au niveau des serveurs jusqu’à l’intelligence
artificielle ? À la question « comment avoir un meilleur rendement », je réponds « mettre les bons
outils au bon endroit ». Mais pour cela, il fat bien comprendre le contexte et les enjeux de
l’entreprise. C’est ici que l’humain doit avoir une place indispensable dans le digital, parce qu’on
peut mettre en place les meilleurs outils du monde, ils ne remplaceront par la relation que vous
pouvez avoir avec vos clients.

Enfin, quelles tendances et innovations du digital allez-vous surveiller en 2019 ?

Le cœur de notre activité est sur le commercial, nous sommes très attentifs aux changements de
mentalités dans ce domaine. L’intelligence artificielle va permettre de gagner du temps. L’IA ne
remplacera jamais l’humain, mais elle permettra d’améliorer la productivité. On ne peut plus
demander à un commercial d’être simplement un vendeur, de simplement décrocher son
téléphone. Non, il a aujourd’hui besoin d’être à l’aise avec les outils numériques pour pouvoir être
au bon endroit au bon moment. Et surtout, on ne connaît pas les outils de demain : la veille est
donc indispensable.

 

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